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Acheter un loft : bons plans et pièges à bobos
Pas une série branchée ou émission "tendance" qui ne se passe dans un loft, la dernière en date des émissions vedette ne faisant que sacrifier à une mode de plus de vingt ans originaire comme il se doit d'outre-atlantique ! Originalité, décalage, libre cours donné à ses goûts décoratifs, récupération d'un environnement urbain déclassé, le loft est l'objet rêvé de ceux qui veulent s'exprimer et refusent l'habitat de tout le monde, réservé aux incorrigibles petits bourgeois conformistes... Bon plan immobilier de surcroît ? Pas sûr ! L'usine ou l'atelier pas cher qu'on achète dans un quartier dégradé mais qui deviendra branché un jour - sûrement ! - est un pari risqué que personne n'ose en réalité tenter : si le quartier n'est pas branché, il a peu de chances de le devenir ! Et s'il l'est devenu, les marchands de biens sont déjà passés par là ! Sans compter les pièges qui attendent le lofteur non préparé aux surprises des bâtiments industriels ou à celles du changement d'affectation... Ne nous faisons pas d'illusions : transformer un bien immobilier pour une destination qui n'était pas la sienne à l'origine est affaire de professionnels ! Et même ceux qui s'y adonnent ne mènent pas toujours ce type d'opérations dans les règles, ce qui explique les problèmes sans nom auxquels se trouvent confrontés les acquéreurs, et aussi les copropriétaires des autres bâtiments quand les créateurs de lofts ont la bonne idée de s'exercer dans une copropriété ! Trois types de difficultés attendent le lofteur amateur, qui veut réaliser un bon coup :
Si l'on ajoute que la transformation de bâtiments existants n'est soumise à aucune des normes et règles de construction - isolation thermique et phonique, chauffage, sécurité incendie, etc. - applicables à la construction neuve, on réalise à quel point l'acquéreur est démuni... Certes, la loi "SRU" (Solidarité et renouvellement urbains) du 13 décembre 2000 a quelque peu amélioré la protection de l'acquéreur en rendant obligatoire la communication d'un diagnostic technique "portant constat de l'état apparent de la solidité du clos et du couvert et de celui de l'état des conduites et canalisations collectives ainsi que des équipements communs et de sécurité". Le problème est que la réalisation de ce diagnostic et a fortiori sa communication au candidat acquéreur ne sont obligatoires qu'en cas de "mise en copropriété" de l'immeuble : pas si les lofts sont créés dans une copropriété existante ! Enfin, l'acquéreur d'une surface ou d'un volume brut doit aussi affronter une partie des difficultés techniques évoquées précédemment pour ses aménagements de mezzanines et autres éléments de gros oeuvre, sans compter les contraintes liées à l'installation d'une cuisine, de salles de bains et salles d'eau, etc. Dernière solution : acheter un loft déjà ancien, dans un contexte aplani et régularisé, et le transformer à son goût ; évidemment, ce n'est en général pas la solution la plus économique ! Ou alors un produit d'architecte, haut de gamme, et forcément hors de prix ! Difficile d'être branché et malin... |
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