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L'AG, l'endroit où il faut être !
C'est évidemment en premier lieu au syndic qu'il
appartient, au moins une fois par an, de convoquer l'assemblée
générale des copropriétaires. Il peut même
procéder à cette convocation dès qu'il le juge
nécessaire, sans avoir à attendre l'écoulement d'un
délai d'un an entre deux AG. Mais le syndic n'est pas le seul à pouvoir être
à l'initiative de la convocation d'une assemblée
générale : le conseil syndical, s'il existe, ou un ou plusieurs
copropriétaires représentant au moins un quart des voix (voire
moins si le règlement de copropriété le prévoit)
peut demander au syndic la convocation d'une AG, en joignant à cette
demande l'ordre du jour projeté. Cette demande doit être faite
par lettre recommandée avec AR. En cas de refus ou de non réponse
du syndic, le président du conseil syndical aura la possibilité
de convoquer lui-même l'assemblée générale. Et si
lui-même ne s'exécute pas, tout copropriétaire pourra
demander au tribunal une habilitation pour convoquer lui-même cette
assemblée. Il faut savoir que ces dispositions, si elles sont
prévues par la loi, sont rarement utilisées en pratique, sauf
dans les copropriétés en difficulté, ou dans celles ou
existe une situation de blocage total entre les copropriétaires et leur
syndic. De toute façon, le syndic doit, dès lors que la
demande lui en est faite dans les conditions légales, convoquer
l'assemblée générale, sous peine de voir sa
responsabilité engagée. Aucune décision de la copropriété ne peut
être prise en dehors d'une assemblée générale.
Ainsi, une consultation écrite, même si elle recueille l'accord
de la majorité des copropriétaires, voire même de la
totalité, n'aurait aucune valeur. La convocation à l'AG doit être adressée
à tous les copropriétaires, par lettre recommandée avec
demande d'avis de réception. Elle peut également vous être
remise en mains propres contre signature d'un récépissé :
cette modalité est souvent utilisée dans les immeubles qui sont
pourvus d'un concierge ou d'un gardien qui se charge alors de cette
formalité. Tous les copropriétaires, sans aucune
restriction, ont le droit de participer à l'assemblée
générale et doivent donc y être convoqués. En
revanche, participer à l'AG n'est jamais une obligation : mais comme il
s'agit d'un des moments clés dans la vie de la
copropriété, mieux vaut y être présent si l'on veut
peser sur les décisions qui seront prises. N'oubliez pas en effet que
dès lors que la majorité requise est réunie, la
décision sera valable, même si certains copropriétaires ne
sont ni présents ni représentés. La convocation doit être adressée à chacun
des copropriétaires, qu'il soit ou non concerné par les questions
inscrites à l'ordre du jour, au moins 15 jours avant la date de la
réunion, sauf si le règlement de copropriété
prévoit un délai plus long. Mais s'il y a urgence, le syndic peut
(et doit) convoquer une assemblée sans délai : ce sera le cas par
exemple en cas de menace de rupture d'une canalisation dans l'immeuble, ou de
risque de panne de la chaudière en plein hiver. D'ailleurs dans de
telles situations, le syndic a l'obligation de faire procéder
immédiatement aux travaux d'urgence nécessaires à la
sauvegarde de l'immeuble, sans attendre la réunion de l'AG. L'AG doit en principe se dérouler dans la commune ou est
située l'immeuble. Dans les petites copropriétés, il n'est
pas rare qu'elle se tienne dans l'appartement d'un des copropriétaires,
mais elle peut aussi se tenir dans les bureaux du syndic ou dans une salle
réservée à cet effet. Quand au jour de la réunion,
même s'il s'agit en principe d'un jour de la semaine, rien n'interdit
que l'AG soit fixée un jour férié, voire même un
dimanche. Afin que vous soyez parfaitement au courant des questions qui
seront débattues à l'occasion de l'AG, la convocation qui vous
est adressée doit contenir un certain nombre de précisions
obligatoires :
En fonction des questions inscrites à l'ordre du jour,
la convocation devra être obligatoirement accompagnée des
documents qui vous permettront de vous décider en connaissance de cause.
Il pourra s'agir par exemple de documents comptables (situation de
trésorerie, solde du compte du syndicat, compte des recettes et des
dépenses, ...) lorsque l'AG aura à approuver les comptes de
l'année écoulée, de ces documents et du budget
prévisionnel lorsqu'elle sera appelée à votre les
crédits du prochain exercice, des devis des entreprises
sollicitées si elle doit voter certains travaux, de l'avis du Conseil
syndical lorsque la question inscrite à l'ordre du jour le requiert, du
projet de résolution lorsqu'elle est appelée à autoriser
un copropriétaire à effectuer des travaux affectant les parties
communes, etc. Tout copropriétaire peut , une fois par
an et pendant un jour au moins, consulter chez le syndic les pièces
justificatives des charges de copropriété (factures, contrats de
fourniture et d'exploitation en cours et leurs avenants, quantité
consommée et prix unitaire ou forfaitaire de chacune des
catégories de charges, etc.). Ce droit de consultation s'exerce dans le
délai qui s'écoule entre la convocation de l'assemblée
générale appelée à approuver les comptes et la
tenue de celle-ci. Cette consultation se fait selon des modalités
déterminées à l'occasion d'une précédente
assemblée générale, ou d'un commun accord entre les
copropriétaires intéressés et le syndic. Si vous voulez
exercer ce droit que vous reconnait la loi, le plus simple est de prendre
contact avec votre syndic, ou avec le président de votre conseil
syndical. L'ordre du jour de l'AG est établi par la personne qui
procède à la convocation, c'est-à-dire en principe le
syndic. La plupart du temps, bien que cela ne soit pas une obligation, celui-ci
prend soin d'y associer le Conseil syndical, ou du moins son président.
Si une question particulière vous intéresse, et qu'elle n'a pas
été inscrite dans l'odre du jour initial, vous pouvez, dans le
délai de 6 jours qui suit la convocation, demander au syndic, par lettre
recommandée avec AR, son inscription pour l'assemblée
générale à venir : c'est ce que l'on appelle l'ordre du
jour "complémentaire". Votre question doit être formulée
de façon précise (évitez les formules vagues) et
accompagnée des documents éventuellement nécessaires (par
exemple des devis si vous demandez une autorisation de faire des travaux) : si
ces conditions sont remplies, le syndic sera obligé de donner suite
à votre demande et donc de compléter l'ordre du jour initial. Il
vous restera alors peut-être le plus difficile : obtenir de l'AG une
décision qui corresponde à vos souhaits. Notez que l'ordre du
jour complémentaire doit être adressé par le syndic, cinq
jours au moins avant la date de l'assemblée, à tous les
copropriétaires par lettre recommandée avec accusé de
réception ou la remettre en mains propres contre
récépissé. L'AG ne peut prendre de décisions que
sur les questions qui figurent dans l'ordre du jour. Attention, les questions
doivent en outre être précises : cela signifie que l'AG ne peut
prendre de décisions valables si leur libellé est trop vague ou
imprécis, comme par exemple "questions diverses", ou encore
"problèmes à règler sur les parties communes". Une
discussion sur un sujet non inscrit ou trop vague est évidemment
possible, mais aucune décision ne pourra être prise sur un tel
sujet, sous risque d'être annulée. Si vous n'avez jamais assisté à une AG de
copropriété, vous serez peut être surpris, la
première fois, des règles assez strictes auxquelles cette
réunion doit répondre. L'objectif est évidemment de
créer le maximum de transparence dans le processus qui conduit à
l'adoption ou non des décisions soumises au vote. Voici les principales
règles qui entourent la tenue de l'assemblée
générale.
Dans les deux mois qui suivent la tenue de l'AG, le syndic a
l'obligation d'adresser aux copropriétaires opposants ou
défaillants (ceux qui n'étaient ni présents ni
représentés) le procès-verbal de l'AG. Cet envoi doit se
faire par lettre recommandée avec accusé de réception et
doit reproduire les extraits de l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965 qui
précisent les conditions et délais pour contester les
décisions prises. Dans les faits, le syndic adresse une copie du PV
d'assemblée générale à tous les
copropriétaires sans exception, ce qui permet à chacun de garder
une trace précise des décisions qui ont été prises.
A compter de cet envoi, les copropriétaires
défaillants ou opposants ont deux mois pour demander l'annulation d'une
décision ou de la totalité de l'AG : au-delà, ces
décisions deviennent définitives. Les tribunaux admettent
également les actions intentées par des copropriétaires
abstentionnistes, à condition qu'ils aient formulé des
réserves expresses, mentionnées dans le procès-verbal de
l'AG. Attention, si vous n'avez pas été convoqué à
l'AG, ou si le procès-verbal ne vous a pas été
adressé dans les formes voulues, le délai de deux mois ne vous
sera pas opposable. L'action en nullité doit être
intentée devant le tribunal de grande instance du lieu de situation de
l'immeuble. Elle peut être fondée sur de très nombreux
motifs (non-respect des règles de convocation, de majorité, ...,
pouvoirs donnés au syndic, désignation du syndic en tant que
président de séance, cumul de mandats au-delà des limites
autorisées par la loi, vote sur une résolution qui ne figurait
pas à l'ordre du jour, etc.). Pourtant, comme il s'agit d'une
procédure assez lourde à mettre en oeuvre, qui peut être
longue et coûteuse puisque l'assistance d'un avocat est obligatoire, et
dont le résultat n'est jamais certain à l'avance, il vaut mieux
n'utiliser cette voie de recours que lorsque le préjudice est
réel.
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